L’idée fixe, ou pourquoi Gilles Duceppe ramasse plein de sièges alors qu’il n’a mathématiquement aucun impact

Ceci est un parfait exemple de pourquoi Gilles Duceppe accumule des sièges élection après élection, malgré le fait qu’il ne puisse jamais être véritablement au pouvoir. Il ne se soucit que d’une chose, les intérêts du Québec, c’est la seule promesse qu’il fait en élection, et il la tient. Son impossible élection lui permet probablement de maintenir cette idée fixe, de rester entre les bornes qu’il s’est fixé, mais ça m’inspire quand même un profond respect. Comparé aux autres chefs qui se démènent de stratégie en stratégie pour accumuler les votes et qui ne bougent que dans l’optique de plaire au plus grand nombre, qui sont submergés par ce qu’ils doivent faire pour atteindre le pouvoir, voir un Gilles Duceppe soulage toujours un peu : en voilà un qui fait les choses parce qu’il le veut, et non parce qu’il le doit.

À Québec, on en a un comme ça. Vous me connaissez, je ne suis ni hippie ni de gauche. Reste qu’Amir Khadir me fait penser à Duceppe dans sa façon d’aborder les questions politiques : il fait ce qui lui semble la meilleure chose à faire. Sans se limiter à un cadre précis, sans souci de faire plaisir au monde. De tous les chefs (parce que Françoise David est une chef de merde, la pire erreur de QS, qu’il n’est pas trop tard pour corriger), Amir Khadir est celui pour qui je voterais si j’avais une once d’idéal de gauche. Dommage que son idée fixe ne rejoigne pas la mienne.

Deuxième vitesse

Selon les prévisions météo pour la fin de semaine :

Jeudi, 11°C

Vendredi 19°C

Samedi 26°C

Dimanche 26°C

Comme si l’été passait en deuxième vitesse. Joie et allégresse !

Une vie de prof

Aujourd’hui, je travaille.

J’ai eu le temps de faire un déjeuner et un café pour Katia, de la pousser vers son autobus, de me laver, de lire mon journal, de contribuer à la cuisine de croissants, de regarder Top Gun, de travailler 10 pages de mon mémoire, de commander et de manger une pizza, d’envoyer et de recevoir quelques mails d’organisation du hockey, de télécharger et d’écouter un CD de Tryo (Faut qu’il s’active)… j’irai travailler — en vélo — dans 50 minutes (durant lesquelles je finirai d’écrire ce billet et jouerai à NHL 2009, probablement), puis je reviendrai en vélo, ferai peut-être une sieste, irai jouer au hockey.

J’aime mon emploi.

Tryo, à Trois-Rivières (durée du spectacle : trois heures)

Jeudi, je suis allé voir Tryo à Trois-Rivières.

Deux choses, pour commencer : Tryo est un groupe de QUATRE musiciens, et Trois-Rivières n’est bordé que par une seule rivière.

En fait, tout a commencé mardi. Je parlais à Katia qui était toute déprimée d’avoir manqué Tryo à Brossard et à Montréal. Je regardais ses yeux plein d’eau, son regard livide, l’air du soldat antique qui regarde son officier mettre le feu à la bibliothèque d’Alexandrie et qui réalise la catastrophe historique qui est en train de lui passer sous le nez, un peu comme si elle venait d’apprendre que son premier enfant était trisomique, et j’ai décidé de prendre les choses en main. Appelé là-bas, places qui venaient de se libérer, rangée N, parterre, en plein centre (n1 et n2). Organise Katia, call malade à la job. Katia. Avait l’air contente.

Arrivés là-bas, il y avait nous, des hippies, et des Français. Aucun autre groupe socioculturel représenté. Ça partait mal, mais, au moins, il y avait de l’alcool — beaucoup d’alcool — pour rendre Katia heureuse… heu… joviale.

Le spectacle commence par un groupe québécois poche, Kodiak, qui joue de la merde, avec des textes de merde mais, déjà, il y a environ 100 hippie devant, entassés dans les allées et devant la scène, qui dansent comme des déchaînés et qui tentent de toucher les musiciens. Devant nous, trois ados se lèvent et dansent aussi. Je n’avais pas vraiment envie de me lever, mais entre rester debout et avoir des culs directement dans la face, j’ai pris le moins pire de deux maux. L’histoire me comprendra.

Mais. Tous ces désagréments furent vite oubliés lorsque Tryo arriva. C’est tout un groupe, et en spectacle, ils l’ont, l’affaire. Sans compter qu’ils avaient l’air énergisés par la foule qui était toute debout et qui hurlait inconditionnellement son amour.

Toutes les chansons qu’ils ont joué avaient un petit quelque chose de plus, introuvable en mp3 ou en CD. Improvisation ou mise en scène, ajout d’un solo, apport de collaborateurs géniaux (lire : Pablo Mendez et un violoncelliste qui sautait partout sur la scène), critiques de Carla Bruni (» Carla, tu chantes ou tu parles là ? Parce qu’il faut que tu chantes dans une chanson.» ), tout était entraînant, festif et extrêmement bien fait.

Ils ont même fini (après deux rappels) par une danse en ligne sur du gros beat sale. La photo ne rend pas hommage à l’humour de la chose, cependant.

Bref, belle soirée de passée. Retour en voiture au cours duquel Katia est tombée de fatigue, mais une fatigue satisfaite. Le voyage aura valu la peine, le congé de job aura valu la peine, la fatigue du lendemain aura valu la peine. De la grande folie, comme dans le temps, comme quand. J’étais encore un enfant.

24e anniversaire

Hier, 25 mars 2009, j’ai eu 24 ans.

Pas que l’événement passe à l’histoire, mais comme il s’agit souvent de jours-bilans, ces anniversaires de naissance, je me suis pris à réfléchir à la symbolique de ma journée.

Je me suis levé tard. Bref, dans la vie, je me réveille tard. Je pars de chez mes parents bientôt, mais après plus de 24 années à leur charge, ce qui fait beaucoup. L’impression de devenir autonome tard.

J’ai passé la journée à organiser des trucs : une ligue de hockey le mardi, d’abord, entièrement organisée sur mon iPhone (j’adore cette machine) ; une sortie de théâtre où j’enseigne, ensuite ; un bus/road trip à Trois-Rivière pour aller voir Tryo ce soir, pour Katia ; et mon party d’anniversaire, ce samedi, auquel il restait à préciser les derniers détails. Il me semble que, si la vie continue comme ça, je me serai passablement condamné à devoir aller chercher moi-même tout ce que je veux ; j’organise tout, je ne me fais jamais organisé, y’en aura pas de facile. Ça aura l’avantage de laisser ma destinée entre mes mains, mais de mettre, parfois, la destinée de d’autres entre ces mêmes mains. Bref, j’aurai l’occasion de jouer à Dieu, ce qui ne me déplaît pas nécessairement.

Ensuite, je suis allé enseigner. Évidemment, aucun étudiant ne savait que c’était ma fête ; par conséquent, il ne m’ont pas souhaité « bonne fête» , ne m’ont pas apporté de pomme. Un brin d’anonymat, en fin de vie, voilà ce qui m’attend. Et transmettre ce que j’aurai appris. Bref, je m’effacerai devant la grandeur de mes enfants. (Ce qui signifie, Katia, que, comme j’aurai un doctorat, nos enfants auront un post-doc, au moins. Contente ?)

Le tout s’est évidemment terminé, en fin de soirée, avec un crépuscule tranquille dans les bras de Katia. Seuls au monde, un brin de déconnage, beaucoup de tendresse. Si la vie peut finir comme ça, l’humain en moi a des chances d’avoir (un peu) moins peur de la mort.

Mais bon, dans la réalité, il y a eu une après-vie, ce matin, avec une aube rosée.

Et, bien sûr, le renouveau ne peut pas ne pas être accompagné de ce fameux vélo, le meilleur moyen de transport au monde. Vélo pour rentrer chez moi et créer une nouvelle animation pour introduire mon site web. Plus jolie, plus simple que la dernière.

Signé : Éric, qui s’apprête à organiser les changements de sa vie.

Printemps

Le printemps commence.

C’est… bien, pour rester sobre.

Je ne suis pas du genre à me plaindre de la chaleur. Je me plains du froid, j’aime le chaud. La température ne fait pas partie de mes contradictions.

Pour moi, le printemps est l’enfance de l’été. Ça évolue encore. J’ai beau sortir mon vélo, m’habiller plus légèrement, faire des BBQ précaires, j’attends impatiemment une certaine maturité dans tout ce bonheur. Un 30 degrés, genre.

Sans compter que, cet été, j’aurai le permi qui va avec la voiture, et des vacances de prof. Roadtrips en perspective. Ça compensera pour le « grand vide du printemps»  (l’exclusion probable des Canadiens des séries) qui s’en vient.

PS. Photos prises avec mon iPhone. Oh yeah.

v101webdesign.com

Après avoir amené à 5 le nombre de sites créés par moi (6 en comptant le SPIP du Centre des 16-18 ans où j’enseigne), voici le nouveau site de mon brand name, v101 webdesign. Ça se concrétise, ça se concrétise.

Liste des sites que j’ai créés :

1) katiabelkhodja.com

2) vignola101.com

3) contre-jour.ca

4) xyzrevue.com

5) sociocritique-crist.org

Le blogue tuera le roman

Du moins, c’est l’hypothèse qui a été lancée dans le cours Littérature et informatique de Michel Piersens, lundi dernier, où je suis allé donner une conférence sur la généricité du blogue (bref, sur mon mémoire presque terminé).

L’idée, c’est qu’avec les nouveaux outils que le blogue permet, et avec la montée de l’autofiction dans le roman (peut-être même comme avenir du roman), les auteurs, branchés sur la technologie depuis la tendre enfance, voudront rejoindre leurs lecteurs, eux aussi branchés depuis le biberon, et préféreront le blogue au roman. Nous assisterons donc à la création de meilleurs blogues, de moins bons romans, et ceci de façon exponentielle jusqu’à l’anéantissement du roman.

Le roman va mouriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir. Mwouhaha.

Un peu de publicité

Le 9 mars dernier (je sais, ça fait longtemps, mais il y a eu une semaine occupée et un méga-bogue Wordpress entre temps), j’étais invité au lancement des capsules télés tirées des Chroniques d’une mère indigne.

Leur objectif était de faire un rassemblement de mères blogueuses. Vous comprenez que je ne satisfaisais que partiellement aux critères.

Heureusement que Mère Indigne (alias Caroline Allard) avait un plan : Katia devait écrire aux gens de Radio-Canada pour leur dire qu’elle était mère, qu’elle tenait un blogue et qu’elle désirait venir accompagnée. Tout marcha comme sur des roulettes jusqu’à ce que, à l’entrée de la salle, les organisatrices demandent à Katia l’adresse de son blogue, pour lui donner un petit carton avec son nom et l’adresse de son blogue (inexistant).

Katia, qui a toujours eu de la difficulté à mentir à des étrangers, lui a révélé la supercherie. La dame a fait la grimace en lui tendant un carton où figuraient son nom et l’adresse de son site d’auteur.

Nous nous sommes donc présentés à la soirée. Ils nous offraient, à l’entrée, un gin tonic pas virgin, mais presque, un gin tonic pour femmes enceintes, mettons. Bon, ce fut quand même une bonne première impression puisque cette demi-indignité était totalement inattendue et qu’il y avait un bar gratuit, à volonté, dans le fond de la salle.

Ils nous ont présenté les capsules 1, 2 et 4 (en visionnant la 3 hier, j’ai compris pourquoi ils l’avaient sautée… c’est, de loin, la moins bonne jusqu’à présent), toutes trois hilarantes. La mise en scène rock, la comédienne rock, les textes (ça, on le savait depuis 2006) rockent. Et, le meilleur dans tout ça, c’est gratuit et on peut le regarder n’importe quand !

M’enfin. Katia a voulu prendre le photographe en photo. Lui venait de nous prendre en photo aussi, et on nous a classé sous la catégorie « mamans blogueuses» . On apprend aussi, à la photo 31 de cet album, que nous étions assis à la table 8. Comme Alexander Ovechkin. Comme le double de la somme des chiffres de l’âge de Katia. Toute est dans toute.

Le tome II des Chroniques est sorti en librairie, et, bon, je lève la discrétion que j’avais primé jusqu’ici en la matière : j’y ai participé. Pas sur grand chose, mais j’ai quand même écrit une exergue pour chacun des sept chapitres que compte le bouquin. Comme quoi mon mémoire trouve un écho mineur à l’extérieur de l’université, ce qui fait toujours plaisir.

De cette soirée, je retiens deux choses : les blogues créent vraiment de la communauté. On cherche à se regrouper à partir de contextes socioculturels communs. Ensuite, cela confirme (exposant dix) une idée que j’avais déjà observée dans le cadre de mon mémoire : le blogueur cherche à se créer un personnage spécifique, à partir duquel il sera reconnu. Caroline Allard est la Mère Indigne, mais nous avons également rencontré une mère de famille nombreuse, un père blogueur, une camionneuse, etc. Chacun(e) avait son dada, sa spécialité. J’imagine que, le jour où le blogue générera de l’argent par lui-même, ces spécialités seront agressivement gardées.

Katia, de son côté, malgré la fatigue, a trouvé le moyen de s’occuper, comme une enfant. En plus de se mettre des parasols miniatures, originellement décoratifs des gins tonic quasi-virgin, dans les cheveux, elle a senti naître en elle la flamme maternelle, entourée de tant (d’hormones) de mères, trouvant le bébé qui était là tellement cute qu’elle en voulait un. Elle le niera mais, l’espace d’un instant, j’ai cru voir dans ses yeux la mère qu’elle sera plus tard.

Fonctionnement du cerveau

J’avais oublié. Comment le cerveau fonctionne.

Avec ses aléas complètement désaxés. La littérature, sinon les idées mêmes, c’est de la déviance.

Déviance intellectuelle par rapport aux problèmes concrets. Déviance sociale, inutile d’expliquer vraiment pourquoi.

Et pour les avoir, pour les recevoir, ces idées qui sont à quelque part dans notre matière grise, il faut se placer en situation de désaxage.

J’avais bien pensé à deux sujets, plutôt des intérêts que des réels problèmes, que j’ai essayé de formuler en problèmes (la langue, cette glue qui se sculpte bien). Mais bon, la représentation de la mondialisation dans de grandes oeuvres de trois auteurs, sur trois continents, ça reste un intérêt. L’illustration de la mainmise des baby-boomers dans leur poésie, ça reste un coloriage de contours déjà évidents.

Mais, voilà. Qu’un vrai problème, qui me touche personnellement, trop peut-être, vient de m’arriver entre les deux oreilles. En plein dans un bain, à 3:15 du matin, après une journée complète de déviance intellectuelle, avant une autre journée complète de cette même déviance, épuisé d’une journée qui s’est terminée par un match de hockey, saoul des quelque bières prises entre gars à parler de moteurs électriques (donc de chars, mais en bien-pensants, quand même), m’est venue cette question à laquelle il faudra, impérativement, que je réponde un jour. Et, bon, tant qu’à faire une thèse qui est sensée répondre à une question, pourquoi pas celle-là : « Pourquoi les immigrants, au Québec, se sentent-ils persécutés ? » Parce que, à prime abord, moi, je les crois sur parole, mais je ne comprends pas. Je suis pourtant assez bon pour comprendre les gens, mais ça, ça m’échappe. Il me semble que le discours anti-racisme, anti-intolérance est toujours huit fois plus massif que le discours raciste, intolérant.

Il me semble qu’une analyse sociocritique de romans québécois contemporains, migrants ou pas, trancherait la question.

Va pour six ans de déviance intellectuelle périlleuse.